Coronavirus : les cérémonies civiles pour les funérailles, les grandes oubliées de la crise

À la Coopérative Funéraire de Nantes nous avons l’habitude d’organiser des cérémonies civiles dans des lieux aussi divers et variés qu’un jardin privé ou une salle municipale. Mais cette année a été particulière et a révélé un incroyable oubli dans l'organisation d'obsèques. En effet, il nous a été impossible d'organiser une cérémonie civile dans les mêmes conditions que les cérémonies religieuses.

Les règles sanitaires mises en place pour lutter contre l'épidémie de coronavirus en France ont été très strictes. Leur application a même pu aller au-delà du bon sens. C'est ce qui a été vécu par les familles que nous avons accompagnées cette année.

Parmi de nombreux exemples, citons les funérailles d’une vieille dame, très impliquée depuis plus de 40 ans dans la vie de son quartier dans plusieurs associations solidaires, qui n’a pas pu être entourée de tous les bénévoles et bénéficiaires de ses actions, comme elle l’avait souhaité : seul son fils, a pu se recueillir 20 minutes auprès de son cercueil dans le salon funéraire, soutenu par une amie. Le cercueil est ensuite parti directement en crémation, le recueillement prévu d’ordinaire avant, étant interdit. Désemparé, son fils est resté près du crématorium, tout le temps de la crémation, en attendant la remise de l’urne.

D’ordinaire en agglomération nantaise, et grâce notamment au travail réalisé par l’association La Maison des Adieux, il est assez aisé de trouver un lieu pour organiser des funérailles civiles. Il est possible de trouver plusieurs salles municipales ou lieux privés (intérieurs ou extérieurs) pour s’y recueillir le temps d’un dernier hommage.

Au cours de cette année de pandémie, certaines limitations de regroupement ont été décrétées puis revues. Si les lieux de culte, à la suite de la modification du décret 2020-1505, le 3 décembre, ont vu leur jauge d'accueil pour les offices religieux, y compris les cérémonies funéraires, modifiée, avec une levée de la limite de 30 personnes, cela n’a pas été le cas pour les salles de crématorium (limités à 30) ni pour les salles communales, dont l’accès a été purement et simplement interdit.

Dans ce contexte limitatif, comment choisir quels proches auront le droit d’être présents ? Certaines familles, pour éviter de blesser certains, ont préféré « interdire » la cérémonie à tout leur entourage et se retrouver très seuls pour ce dernier hommage.

En dehors des cérémonies funéraires dans un lieu de culte, il était impossible de célébrer à plus de 30 personnes des funérailles civiles… Même en extérieur dans les cimetières, la limite de 30 personnes était adoptée.

Cela a conduit certaines familles, à choisir par défaut, loin de leurs convictions parfois, l’église ou le temple, comme lieu d’hommage, même si le rituel religieux n’avait pas ou plus de sens pour eux ou la personne décédée… priorisant ainsi le nombre de personnes autorisées – soutien précieux dans ces moment-là – d’une part ; offrant ainsi la possibilité à tous, d’autre part, de rendre hommage à celui ou celle qui leur était proche.

« Ce sont les rituels qui rendent palpable, le passage d’un état à un autre » écrit Françoise Servan-Schreiber. Quel sens, ces rituels non choisis, ont-ils eu pour ces familles ? Comment vivront-elles leur deuil (cf. article "L’accompagnement dans le deuil en période de confinement") ?

À la Coopérative Funéraire de Nantes et avec les familles que nous avons accompagnées, nous avons vécu une incompréhension totale de ces mesures. Dans un pays laïque comme le nôtre, les funérailles civiles ne pouvaient pas être célébrées dignement.

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